De retour bientôt!

Le jour où mon commerce a failli aller chez le diable !

Derrière chaque entrepreneur, commerce et entreprise se cachent des difficultés, des épreuves, des moments où l’on pense abandonner, le goût de « toute sacrer ça, drette là ! » Voilà c’est dit ! Derrière le succès actuel de mon entreprise se cache un secret, celui des durs labeurs, des découragements et d’un moment où j’ai failli abandonner… Eh bien oui, ces mots viennent de celui qui répète sans cesse aux autres qu’il ne faut jamais lâcher ni abandonner. Moi-même, j’ai failli faillir ! Parce qu’après tout, je suis humain.

Ça fait longtemps que je me demande comment aborder la persévérance pour un article, j’ai finalement trouvé.

Dans ce texte, je vais vous ouvrir un bout de ma vie et vous expliquer (encore une fois), l’importance de ne pas abandonner…

commerce karate lévisTout a commencé en juillet 2007. À l’époque, j’avais deux jobs. Je travaillais à temps plein dans un restaurant de Québec et j’enseignais le karaté les soirs de semaines pour les loisirs de ma municipalité natale. La vie était belle et sans trop de soucis !

Un mercredi soir, comme à l’habitude, je vais m’entraîner au dojo de Québec sur la rue Saint-Vallier. Maître Poulin me convoque au sous-sol de l’établissement. Il se tire une chaise et s’assoit. Un air sérieux et préoccupé en m’expliquant que le Studios Unis de la Ville de Lévis est maintenant sans propriétaire et que tout est à reconstruire. Sans détour, il me lance : « Jean-François, veux-tu prendre en main l’école de Lévis ? ». Après une longue réflexion de 2 secondes et quart, j’ai dit OUI. J’étais maintenant parti pour une aventure dont je n’avais aucune idée de l’ampleur qu’elle allait prendre…

Le commerce

Les premières années sont difficiles, mais mon moral est solide. C’est normal, je démarre mon entreprise et je dois « faire mon nom », laisser le temps aux gens de Lévis de me connaître. On ne se fera pas de cachette, la concurrence est rude… TRÈS rude. Le concurrent le plus proche est féroce, mais surtout, plus établi et expérimenté. Dès les premières années, il ouvre plein de succursales et m’entoure géographiquement comme les Romains autour d’un certain village gaulois. Je vais être honnête, j’en ai mal dormi pendant un méchant bout. J’avais peur, le spectre de la faillite et de l’échec au-dessus de la tête.

Ce qui me garde confiant au fil du temps, c’est mon entourage, les résultats financiers et le membership qui sont constamment à la hausse. Mon associé Simon qui s’est joint à moi en 2012 m’aide à rester confiant. Tous ces facteurs font en sorte que je demeure motivé malgré les nombreuses heures de travail, les semaines de 6-7 jours. La passion est toujours là et les « irréductibles » résistent.

Le stress à deux!

Dès la première année de notre association, c’est « rough » … Je ne parle pas de la relation d’affaires avec Simon, mais des résultats. Car maintenant je ne suis plus seul à vivre ce stress, nous sommes deux ! Pour une école de karaté comme la nôtre, ce qui donne le ton à une année, c’est la porte ouverte en août/septembre. Concrètement, les inscriptions en même temps que la rentrée scolaire. Depuis des années que je vois plusieurs de mes collègues franchisés dépasser la barre des 100 inscriptions et je les envie. JE VEUX CE RÉSULTAT ! Dans les faits, nous en sommes loin… Très loin ! 2012… 2013… 2014… La déception est toujours la même. La porte ouverte 2014 est ma huitième et c’est le même résultat que les autres, c’est moyen et en dessous des objectifs.

Notre clientèle n’a jamais cessé d’augmenter, car nous avons un bon taux de rétention. Les résultats financiers sont pas mal, mais nous sommes loin des objectifs fixés. Surtout que maintenant nous sommes deux à partager les maigres profits.

Huit années à me comparer aux concurrents, à travailler dur et fort, 6-7 jours semaines, les soirs de semaines et fins de semaine. Je suis maintenant père et je ne vois pas ma fille autant que je le voudrais. Le mur frappe durant cette année (2014-2015). Je ne me sens pas à la hauteur du projet dans lequel je me suis lancé. Les résultats espérés ne sont pas au rendez-vous. Je me dis que je travaille trop fort et trop dur pour les résultats que j’obtiens et qu’il serait plus simple et plus sain de retourner dans la restauration. J’aurais une meilleure vie familiale et moins de stress et de soucis. J’ai l’impression que j’ai trahi Simon en l’ayant embarqué dans ce bateau qui ne semble pas trouver sa vitesse de croisière.

plage de cuba

L’été où tout a changé!

Juin 2015, je pars en vacances dans un tout inclus à Cuba avec ma famille et mes parents. C’est la première fois que je voyage et que je ne fous rien ! Les deux fesses sur le bord de la beach et je procrastine solide en buvant de la bière froide ! Durant cette semaine, j’ai réfléchi… Beaucoup. C’est à mon retour que tout a changé. Je suis revenu avec l’esprit cubain, NO STRESS… Et j’avais pris une décision. Si la prochaine porte ouverte (2015) n’est pas à la hauteur de mes attentes, JE VENDS et la business prend le bord ! BEBYE ! Je me rappelle très bien la fois où Simon m’a dit que mon attitude lui avait fait peur. J’avais un « je-m’en-foutisme » sérieux. Mais attention à la nuance, je ne me foutais pas de l’entreprise, mais du stress, à un point où c’était flagrant et déroutant. J’avais décidé d’appliquer ce que Maître Poulin me disait tout le temps : « Ne te préoccupe pas de tes concurrents, fait tes affaires et continu d’avancer ! ».

C’est cet été que nous avons décidé de peser sur la pédale à gaz des réseaux sociaux. Facebook était devenu notre cheval de bataille. C’est également l’année où nous avions décidé de dépenser une fortune en cartons publicitaire par la poste. Durant cet été, nous avons mis le paquet, dans mon esprit, ça passe ou ça casse !

Deviner quoi… KABOOM ! Une année d’inscriptions record. Simon et moi jubilions ! ENFIN ! Le meilleur dans tout cela est que nous faisons encore mieux les deux années suivantes. Nous avons même dû déménager et agrandir l’école en février 2017. Le succès venait enfin de frapper à notre porte.

Le constat

Avec le recul sur toutes ces années, mon constat est maintenant clair dans mon esprit. Les choses ont changé au moment où nous avons arrêté de faire des affaires en fonction des autres et que nous nous sommes concentrés sur le réel atout de notre entreprise, NOUS ! Je suis persuadé que mon changement d’attitude suite au voyage à ne rien foutre les fesses dans le sable a tout changé. Mais il aura fallu me rendre au bout du découragement pour avoir la prise de conscience qu’il fallait pour tout changer. Aujourd’hui, je suis fier de ne pas avoir abandonné et d’être encore aux commandes de notre navire qui avance maintenant à vitesse grand V ! Fier d’avoir persévéré malgré un très sérieux découragement. Mais surtout de ne pas avoir abandonné mon associé, ma fédération et mes élèves. Je suis fier de MOI !

Gardez en tête que lorsque vous croyez être au fond du baril, c’est probablement parce qu’il y a une leçon à en tirer. Une leçon que vous n’avez pas encore apprise… L’entrepreneuriat, ce n’est pas difficile, c’est HORRIBLEMENT difficile. Il faut des nerfs d’acier et être prêt à travailler FORT, mais par-dessus tout, il faut garder la tête haute et toujours continuer d’avancer. On ne sait jamais à quel moment précis, le succès se pointera le bout du nez !

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